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18. Vue sur le Puits de Machelen et le cœur du village

Ici, on peut voir à quel point l’ancien tracé de la Lys et le centre du village s’entremêlent. Pourtant, il s’en est fallu de peu pour que cette vue idyllique disparaisse à jamais.

Au cours de l’été 1971, on décide de relier la Lys avec le canal de Schipdonk et d’ainsi assainir l’eau de la rivière que l’industrie du lin a polluée. On élabore en outre le projet de combler l’ancien bras de la Lys avec la terre excavée, afin d’accroître la superficie de terres arables ou bâtissables, ce qui serait lucratif pour le village. Raveel prend conscience que ce projet nuira irrémédiablement au caractère authentique de Machelen-sur-Lys. À l’invitation d’un groupe de militants, l’artiste s’oppose au projet à la faveur d’une œuvre d’art et d’une action à travers laquelle il aspire à ébranler la conscience du public et des autorités : il fabrique un radeau avec des sacs en plastique bleu sur lequel il appose une peinture.

Le 19 août 1971, il met le radeau à l’eau. Le public et la presse sont au rendez-vous et suivent avec grande attention le mastodonte, qui est remorqué par bateau sur la Lys, passant par Astene, Deurle, Laethem-Saint-Martin, Leerne-Saint-Martin et Baarle jusqu’à Afsnee, une commune de l’agglomération gantoise. Des centaines de gens se massent le long des rives et le journal télévisé rapporte l’action. Et bien que l’administration municipale ait déjà donné le coup d’envoi du comblement, le ministre des Travaux publics met un terme à l’entreprise en novembre 1971. Mission accomplie !

L’action artistique unique qu’a menée Raveel ne s’est pas seulement révélée déterminante pour l’aspect de Machelen-sur-Lys, mais démontre une fois de plus combien son art et son village sont inextricablement liés.

-> Envie d’aventure ? Prenez le bac pour rejoindre l’autre rive.