4. Regarder comme Raveel : la place du village
Vous vous trouvez à présent sur la place du village de Machelen-sur-Lys, l’un des plus anciens villages de Flandre. À partir d’ici, des ruelles mènent à l’église, à la Lys, au moulin à vent et, autrefois, aux grandes fermes aux alentours. Sur la place, vous apercevez l’ancienne auberge De Afspanning, aujourd’hui un restaurant.
Aux XIXe et XXe siècles, Machelen était un lieu important pour la culture et l’industrie du lin. Ici et là, entre les maisons, on reconnaît quelques anciens entrepôts.
Roger Raveel est toujours resté vivre et travailler dans ce village, et ce lieu est toujours resté un « vrai » village à ses yeux : non pas un lieu idyllique ou romantique, comme certains autres villages de la région de la Lys, mais un lieu où des gens vivent et travaillent. La « modernité », le progrès technologique et architectural ne s’y sont que lentement introduits.
Avant que Raveel n’acquière une certaine notoriété, les villageois l’apostrophaient d’un air narquois : « Va donc peindre, Rubens ! » Ils ne le prenaient pas au sérieux parce qu’il n’abattait pas de travail physique, alors que son père, meunier, a porté de lourdes charges jusqu’à un âge avancé.
Par la suite, il a obtenu de la reconnaissance : en 1979, il devient citoyen d’honneur de Zulte (la commune avec laquelle Machelen-sur-Lys avait entre-temps fusionné) et, à la fin des années 1980, le curé de la paroisse l’a invité à transformer la chapelle Marie Secours-des-Chrétiens en une œuvre d’art total. Peu après, les œuvres Le Mur de l’imagination et Les Poteaux de l’infini font aussi surface dans le village : des œuvres désormais chères au cœur des habitants.


